Suède

En bref:

Accès garanti

IVG autorisée jusqu’à 18 semaines et, au-delà, sur décision d’une commission pluridisciplinaire, pour "raisons particulières".

Pas de délai d’attente obligatoire.

Application de sanctions pénales à l’égard des soignant·e·s si toutes les conditions ne sont pas respectées. En revanche, il n’y a pas de sanctions pénales à l’égard de la femme ayant eu recours à l’IVG.

Infos

L’IVG est autorisée jusqu’à 18 semaines de grossesse sur demande et, au-delà, sur décision d’une commission pluridisciplinaire, pour « raisons particulières »: très jeune âge de la femme, problèmes psychologiques ou d’addiction, malformation du fœtus.

Bien que le consentement des parents ne soit pas nécessaire pour les mineures, celles-ci sont encouragées à leur en parler.

L’IVG est entièrement prise en charge par l’État, mais les femmes doivent payer les frais d’hospitalisation. La Suède est l’un des rares pays européens qui n’autorisent pas aux soignant·es de refuser de pratiquer l’avortement.

Actualités

2026

Le 20 mai 2026, le Parlement suédois a adopté une première fois une disposition pour inscrire l’IVG dans la Constitution. Celle-ci prévoit que « toute personne enceinte a le droit d’interrompre sa grossesse conformément aux dispositions prévues par la loi ». Cette formulation protège donc le principe du recours à l’IVG, mais n’inscrit dans la Constitution ni le délai de dix-huit semaines ni les modalités précises d’accès, qui restent fixés par la législation ordinaire.

Cette première approbation ne suffit toutefois pas à modifier la Constitution. En Suède, une révision constitutionnelle doit être votée deux fois dans des termes identiques, avec des élections législatives entre les deux décisions. Le texte devra donc être confirmé par le Parlement issu du scrutin du 13 septembre 2026. S’il est adopté une seconde fois, il doit entrer en vigueur le 1er janvier 2027. Au 4 août 2026, la constitutionnalisation demeure donc engagée, mais non définitive.

Parallèlement, le gouvernement a présenté, le 21 mai 2026, une réforme de la loi sur l’avortement de 1974. Celle-ci vise à moderniser les conditions d’accès : obligation de fournir les soins rapidement, possibilité de réaliser une IVG médicamenteuse à domicile, développement de la télémédecine, autorisation pour les sages-femmes de prendre en charge certaines IVG et ouverture des soins à davantage de structures agréées. Le texte est examiné par la commission des affaires sociales et n’a pas encore été adopté. Son entrée en vigueur serait envisagée pour le 1er janvier 2027.

2019-2025

En mars 2020, la Cour européenne des droits de l’homme a déclaré irrecevable la plainte de deux sages-femmes suédoises qui n’ont pas été engagées, car elles refusaient de pratiquer des IVG. Par cette décision, la CEDH a fait un pas important vers la protection de la santé et des droits sexuels et reproductifs des femmes, y compris l’accès à une contraception abordable.

Depuis les élections de 2022, les propositions visant à protéger l’accès à l’avortement se multiplient et gagnent du terrain comme la proposition du parti chrétien-démocrate (KD) d’inscrire l’avortement dans la Constitution suédoise.

En février 2025, un rapport présenté au gouvernement recommande d’autoriser entièrement les IVG à domicile, y compris la prise du premier médicament, sans passage obligatoire en clinique, et d’autoriser les sages-femmes à prescrire les pilules abortives, ce qui allégerait les démarches. Il recommande aussi de rendre la loi plus inclusive en parlant de « personne enceinte » plutôt que de « femme », pour inclure les personnes transgenres. Enfin, il recommande que les conditions pour une IVG entre 18 et 22 semaines soient clarifiées et rendues plus transparentes. 

Toujours en 2025, les données récoltées par le Conseil national de la santé et du bien-être démontrent que la plupart des avortements sont pratiqués au début de la grossesse. En 2023, 65% des avortements ont été pratiqués avant la 7e semaine de grossesse et près de 94% des IVG ont eu lieu avant la 12e semaine de grossesse. Ces données sont stables depuis les 20 dernières années. Cela démontre qu’une législation moins contraignante n’entraîne pas plus d’avortements mais au contraire, permet aux femmes d’envisager plus précocement l’interruption de grossesse car celle-ci est plus accessible et moins stigmatisée.