Malte

En bref:

Accès fortement restreint / interdit

IVG autorisée dans le seul cas où la vie de la mère est en danger et où le fœtus n’est pas viable.

Application de sanctions pénales à l’égard des femmes et des soigant·e·s si toutes les conditions ne sont pas respectées.

Existence de pressions religieuses, sociales et politiques qui stigmatisent et entravent l’accès à l’avortement.

Infos

Avant juin 2023, l’IVG était illégale en toute circonstance. Depuis la polémique entourant l’exfiltration en urgence d’une touriste américaine, une loi très restrictive autorise l’IVG dans le seul cas où la vie de la mère est en danger et où le fœtus n’est pas viable, afin de protéger les médecins d’une sanction pénale en cas d’intervention. Les conditions sont très strictes pour correspondre à ces deux situations. De plus, si la vie de la femme n’est pas en danger imminent, l’avis d’une équipe de trois médecins est requis. Pour ce qui est de la deuxième situation, l’avortement ne peut avoir lieu que si le fœtus n’est pas viable et si les autres procédures médicales autorisées ont été exclues.

Neuf Maltais·es sur dix s’opposent à la légalisation de l’avortement, et par conséquent au droit des femmes de disposer de leur corps comme elles l’entendent. Ce conservatisme est en grande partie dû à l’influence considérable de l’église catholique dans la société maltaise.

Les pressions religieuses, sociales et politiques stigmatisent et entravent l’accès à l’avortement. Malgré tout, des coalitions pro-choix comme Voice for Malta et Doctors for Choice Malta, s’organisent dans le pays pour revendiquer le droit à avorter.

Actualités

2026

Le 1er juillet 2026, le tribunal constitutionnel de Malte a rejeté la plainte d’Andrea Prudente, à qui l’on avait refusé un avortement médicalement nécessaire alors qu’elle faisait face à une complication grave de grossesse en 2022.

L’organisation Voice for Choice Malta a condamné cette décision, la qualifiant d’« affront aux droits des femmes et aux soins de santé reproductive », et a averti qu’elle renforçait l’oppression étatique, la misogynie médicale ainsi que le traitement dégradant infligé aux personnes enceintes.
La coalition a dénoncé l’affirmation condescendante du tribunal selon laquelle Andrea aurait été « instrumentalisée » par des militants pro-choix, ainsi que l’insinuation selon laquelle sa profonde détresse aurait été en partie « auto-infligée ». Elle a également accusé le tribunal d’avoir ignoré les éléments médicaux présentés par la FIGO concernant les risques graves d’hémorragie et de septicémie potentiellement mortelle.
Voice for Choice avertit que ce jugement envoie un message glaçant : les femmes et les personnes enceintes pourraient être contraintes d’attendre d’être à l’article de la mort avant de pouvoir bénéficier d’un avortement thérapeutique.

2019-2025

En décembre 2016, à la suite d’un long combat, Malte a légalisé la pilule du lendemain, disponible en pharmacie sans prescription médicale. En pratique, de nombreux·ses pharmacien·nes refusent de la délivrer pour des « raisons de conscience ».

Malgré la résistance du pays à réformer sa législation, la société civile et les professionnel·les de la santé indépendant·es prennent la parole pour sensibiliser le public et faire pression en faveur d’un changement juridique. Pour aider les femmes, certains médecins en viennent à pratiquer l’IVG illégalement, risquant ainsi l’emprisonnement et la radiation. En 2019, a vu le jour la première coalition pro-choix du pays, « Voice for Malta » ainsi que le collectif de médecins indépendant·es « Doctors for Choice Malta ». Des associations comme Abortion Support Network apportent aussi un accompagnement et un soutien logistique pour avorter à l’étranger ou encore pour accéder à la pilule abortive.

En juin 2022, Andrea Prudente, une touriste américaine a fait une fausse couche à La Valette alors qu’elle était à 16 semaines de grossesse. Sa vie et sa santé furent gravement mis en danger sans intervention médicale. Les médecins lui ont refusé l’avortement, attendant que les battements de cœur du fœtus s’arrêtent ou qu’elle ait une infection potentiellement mortelle qui les inciterait à agir. Elle a dû être exfiltrée en Espagne pour être sauvée. Cette polémique a relancé le débat sur l’IVG et a mené à l’adoption de la loi en juin 2023.

En 2025, l’ICE My Voice My Choice a récolté 4497 signatures à Malte, ce qui équivaut à 106,31 % des signataires requis (100%).