2025
Le gouvernement espagnol a poursuivi la procédure engagée pour inscrire le droit à l’IVG dans la Constitution. Le 26 février, le Conseil d’État a estimé que la réforme pouvait juridiquement avancer, tout en recommandant de mettre l’accent sur l’obligation des pouvoirs publics de garantir concrètement l’accès aux soins. Le projet définitif a été adopté par le Conseil des ministres le 7 avril, puis transmis au Congrès. Le 30 avril, les députés ont rejeté, par 177 voix contre 171, les tentatives du Parti populaire et de Vox visant à bloquer le texte. Ce vote n’a toutefois pas constitutionnalisé l’IVG : il a seulement permis à la procédure parlementaire de continuer.
La réforme pour constitutionnalisé le droit à l’IVG n’a toujours pas adoptée, car elle doit réunir une majorité des trois cinquièmes au Congrès et au Sénat, difficile à atteindre sans le soutien du Parti populaire.
2019-2025
Depuis 2022, la loi sanctionne l’entrave, l’intimidation ou le harcèlement des femmes ou des professionnels autour des cliniques, par une peine de prison de 3 à 12 mois, ou travaux d’intérêt général, ou une interdiction d’approcher ou de communiquer avec la victime ou de se rendre près des cliniques, pour une durée de 6 mois à 3 ans.
En 2023, une nouvelle réforme a renforcé l’égal accès à l’avortement dans les hôpitaux publics de toutes les communautés autonomes. La loi a introduit des mesures telles que la garantie de l’allocation de ressources économiques aux hôpitaux publics, la création dans chaque communauté d’un registre de médecins objecteurs de conscience, dans le but d’améliorer l’organisation et la continuité du service au sein d’une même communauté, l’autorisation aux mineures d’avorter sans l’accord de leurs parents dès l’âge de 16 ans et enfin la suppression du délai de réflexion obligatoire. Cette même année, la loi espagnole sur l’avortement, en vigueur depuis 2010, a été jugée conforme à la Constitution par le Tribunal constitutionnel espagnol, rejetant ainsi un recours déposé par le Parti populaire (PP) de centre droit en 2012.
En 2024, un an après cette réforme, des enquêtes démontrent un non-respect de la loi par plusieurs hôpitaux publics qui continuent de réorienter les femmes vers des cliniques privées, parfois situées en dehors de la communauté. Ces enquêtes révèlent également que plusieurs communautés autonomes tardent à établir le registre d’objecteurs de conscience.
Le vendredi 3 octobre 2025, le gouvernement de gauche espagnol a annoncé travailler sur une réforme pour inscrire le droit à l’avortement dans la Constitution. Cette initiative fait suite à une mesure soutenue par le PP (parti conservateur) et Vox (parti d’extrême droite), adoptée par le conseil municipal de Madrid dirigé par le PP, qui oblige les centres de santé à fournir des informations sur le « traumatisme post-avortement ».
Le même jour, le premier Ministre Pedro Sánchez a demandé à l’Aragon, aux Baléares et à la Communauté de Madrid de créer le registre confidentiel des professionnels objecteurs de conscience prévu par la loi de 2023. Le refus des autorités madrilènes a conduit l’État à engager une procédure judiciaire en novembre 2025.