2026
En 2026, l’accès à l’IVG en Hongrie reste régi par le cadre restrictif hérité des gouvernements de Viktor Orbán.
Le changement de gouvernement en avril 2026, qui a mis fin à seize années de pouvoir de Viktor Orbán, n’a pas immédiatement entraîné de changement de la législation. Au lendemain de la victoire du parti Tisza, le futur Premier ministre Péter Magyar a déclaré que la question de l’avortement était « réglée » et qu’il n’entendait pas modifier le compromis existant, y compris le décret du battement de cœur.
Le débat a néanmoins été rouvert en juin par le nouveau ministre de la Santé, Zsolt Hegedűs. Celui-ci a dénoncé une mesure politique imposée sans véritable étude d’impact, sans analyse bioéthique sérieuse et contre l’avis des professionnels. Le Collège professionnel d’obstétrique et de gynécologie s’est prononcé en faveur de son abolition, estimant qu’aucune règle ne devait être utilisée pour influencer la décision des femmes. Cette prise de position a provoqué de vifs affrontements au Parlement avec les formations conservatrices et d’extrême droite, attachées au maintien du décret.
En juillet 2026, une analyse fondée sur les données officielles hongroises a par ailleurs conclu que le décret n’avait pas entraîné de diminution significative du taux d’avortement. Le 30 juillet, après avoir initialement écarté plusieurs associations féministes des discussions, le ministère a finalement réuni des organisations de défense des droits des femmes et des professionnels de santé. Les échanges ont porté sur l’abrogation du décret, l’accès sans ordonnance à la contraception d’urgence et l’autorisation de l’IVG médicamenteuse. Le ministère s’est engagé à soumettre les recommandations professionnelles à une consultation publique.
2019-2025
En pratique, l’avortement est très mal perçu et l’accès est de plus en plus restreint.
Depuis 2012, le gouvernement Orbán a introduit dans la Constitution « la protection de la vie dès la conception » et il mène depuis 2017, une politique nataliste basée sur la promotion de la « famille traditionnelle » et le soutien à « l’enfantement »: célébration de la femme au foyer dans les manuels scolaires, subventions octroyées aux hôpitaux qui refusent de pratiquer l’IVG, campagne anti-IVG dans le métro en violation des règles du programme de financement européen, pressions politiques sur les cliniques pratiquant l’IVG médicamenteuse considérée comme « trop facile », harcèlement des ONG qui défendent les droits des femmes… Sans succès, le CEDAW — Comité des Nations unies sur l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes — a demandé en 2023 à la Hongrie de fournir un accès à l’IVG à toutes les femmes et a précisé que « limiter les droits des femmes à une vision familiale reviendrait à soutenir les stéréotypes que la responsabilité des États est précisément de combattre ».
Depuis 2022, les femmes qui souhaitent avorter sont obligées d’être exposées aux fonctions vitales du fœtus, en écoutant le rythme cardiaque fœtal avant que l’IVG soit pratiquée. Le non-respect de la clause « battement de cœur » peut entraîner des sanctions administratives ou pénales à l’égard des soignant.e.s.
Plusieurs centaines de Hongroises se rendent chaque année à Vienne pour obtenir une IVG médicamenteuse, ou une IVG chirurgicale jusqu’ à 14 semaines.